mardi 29 avril 2008

L'HHHHebdo

Qui s’intéressait à la micro-informatique dans les années 80 ne pouvait pas ne pas connaître Hebdogiciel. Le style de ce journal était très différent de ce qui existait à l’époque. C’était un mélange de Charlie Hebdo et de Canard Enchaîné. Anticonformiste, ce journal dénonçait notamment les pratiques commerciales de l’époque. Sa liberté de ton lui vaudra une ribanbelle de procès.

Mais avant tout, le succès, l’HHHHebdo le devait à son concept : procurer des listings de programmes aux propriétaires de micro. En effet, il n’était pas rare en ces temps reculés d’acheter un micro-ordinateur pour constater que quelques mois plus tard, le fabricant avait disparu. Quand on a déboursé parfois jusqu’à 6000F (915€) pour s’offrir une machine mort-née, sans SAV et surtout sans logiciel, on est bien content de trouver un journal rempli de listings que l’on s’empresse de taper pour animer son écran.

Il est vrai que bon nombre de ces programmes étaient buggués ou inintéressants. Mais en les recopiant, on apprenait les mécanismes de la programmation.

Et puis il y avait les Deuxlignes (des programmes de seulement deux lignes) et les Bidouilles-Grenouilles, rubriques où l’on trouvait des astuces pour tricher aux jeux ou pour les déplomber. Il s’agissait de faire des copies-cafés, c'est-à-dire une copie (légale) de sécurité au cas où il vous viendrait à l’esprit d’asperger votre cassette ou votre disquette originale… Et puis les dessins de Carali…

Voici quelques exemples de couvertures.

Dans le numéro 108, l’HHHHebdo dénonce les pratiques commerciales d’IBM qui brade ses PC pour se renflouer.



Dans le numéro 117, c’est Amstrad qui en prend plein son grade. Le constructeur britannique peine à fournir la demande française. De plus les revendeurs se plaignent du SAV et il est impossible de trouver des disquettes vierges (3 pouces) sur tout le territoire à quelques exceptions près mais au prix fort : 60F (9,15€).



Le numéro 138 fait l’effet d’une bombe. Il annonce la sortie imminente d’un nouvel Amstrad pourvu de 512ko de RAM et surtout d’un lecteur de disquette 5"1/4 (ces disquettes "floppy" étant bien moins onéreuses que les 3").



La semaine suivante, démenti dans le numéro 139. Il s’agit d’un fake. Amstrad a moyennement apprécié la plaisanterie et (une fois de plus) a attaqué le journal. Cette annonce lui aurait coûté très cher, les ventes ayant brutalement chuté parce que les acheteurs attendaient la sortie de l'hypothétique nouvelle machine.



Allez, une dernière, dans le journal numéroté 94 à 97 en 1985, le titre est sans appel : l’informatique c’est de la merde ! L’HHHHebdo dénonce le marché naissant de la micro informatique et le marasme dans lequel il s’enfonce. On a fait acheté aux familles des ordinateurs en leur disant qu’avec elles pourraient gérer leur budget, apprendre, programmer et jouer. En fait la plupart des gens n’ont fait que jouer. Les programmes éducatifs sont insignifiants. Gérer un budget sur micro, c’est infaisable. Pensez-vous, il faut charger le programme, puis les données, entrer les nouvelles données puis sauvegarder. Tout ça sur cassette ! Quant à la programmation, à part quelques passionnés, le commun des mortels ne s’y est pas risqué…

mercredi 23 avril 2008

Un tube sinon rien !

Alors qu'on nous a présenté l'avènement des télés à écran plat comme une avancée technologique, le retrogamer que je suis s'inquiète de ne plus voir dans les boutiques et super-marchés d'écran à tube à l'ancienne (c'est à dire comme on en faisait encore il y a à peine un an). A lire certains tests de ces télés "nouvelle génération", on s'extasie sur les modèles restituant une qualité proche d'une télé à tube. Car il faut bien le dire, quand on a fraîchement déballé son nouvel écran plat 16/9 qui a assouvi notre "vouloir d'achat" en amputant notre "pouvoir d'achat" de plusieurs centaines d'euros, et que l'on y raccorde notre lecteur DVD pour fébrilement introduire le DVD de Titanic pour voir comment elle est super la qualité d'image... on est quelque peu perplexe. Les aplats sont immondes, la pixelisation est importante, surtout dans les ombres, et notre belle image ressemble à une bouillie infâme à côté de ce que l'on avait sur notre bonne vieille téloche à tube...

Alors si en plus vous voulez tout comme moi brancher votre Atari VCS, votre Intellivision ou encore votre console Colecovision, attendez-vous au pire. L'expérience vidéo-ludique risque d'être décevante. Où sont passés les graphismes léchés des années 80 ?

Ah ? On ne vous l'avez pas dit ? Les nouvelles télés sont faites pour la HD. Entendez par là, qu'il faut la TNT HD, le satellite HD, des consoles de jeux next-gen (PS3, X-Box et compagnie) pour avoir une image décente. Ne rangez pas tout de suite votre porte monnaie... Oui je sais, il ne reste plus grand chose dedans, mais ce n'est pas grave, on va vous le prendre quand même... Et là, effectivement, vous pourrez vous extasier qu'elle est chouette la qualité d'image !

Bon alors moi je fais quoi avec mes "vieux DVD" et mes vieux jeux vidéo... Je garde ma télé et je prie pour qu'elle ne lâche pas de sitôt ! C'est tout de même fort de nous vendre une nouvelle techno sans assurer une retro-compatibilité avec ce que l'on avait avant. On nous pourrit l'image avec l'argument que cette image est meilleure !...

samedi 12 avril 2008

Photos collec

Quelques photos d'une partie de ma collection.


Mac, Atari 2600, Amstrad CPC, Colecovision et Intellivision.




Déco Vintage







J'ai accroché mes posters dans mon bureau-gameroom. Merci à Guylaine pour l'encadrement !

mercredi 9 avril 2008

Lexique pour les vieux comme moi

Dans les années 80,
On ne disait pas PS3 mais Colecovision.
On ne disait pas PSP ou DS, mais Game & Watch.
On ne disait pas internet, mais minitel.
On ne disait pas forum, mais BBS.
On ne disait pas ordi, mais micro.
On ne disait pas joypad, mais joystick.
On ne disait pas souris, on disait touches fléchées.
On ne disait pas icône, mais curseur.
On ne disait pas OS, mais Basic.
On ne lançait pas un jeu, on le chargeait (et ça durait longtemps).
On ne disait pas disque dur, on disait cassette (on murmurait floppy ou disquette).
On ne disait pas USB, on disait centronic ou RS232.
On ne disait pas DOS, on disait CP/M.
On ne disait pas Laser ou jet d’encre, on disait thermique, margueritte ou matricielle.
On ne disait pas scanner ou APN, on disait DAO.
On ne disait pas réseau, on disait null-modem.
On ne disait pas Giga, on disait Kilo.
On ne disait pas Mega, on disait Octet.
On ne disait pas moniteur, on disait télé.
Si on disait moniteur, alors on précisait monochrome (blanc, vert ou orange), noir et blanc ou couleur.
On ne disait pas j’achète un magazine informatique pourri de pubs et qui ressemble à un catalogue, on disait j’achète un magazine pour taper des listings (pourris) pour mon micro.
On ne disait pas je vais au cyber-café avec des potes, on disait je vais au café jouer à Galaga avec des potes.
On ne disait pas "c’est quoi ça, un terminal SNCF pour prendre un billet ?", on disait "chouette, une borne Pacman !".
On ne disait pas "c’est quoi ici, un musée ?", on disait "c’est une salle de jeux avec des flippers, des babies et des bornes d’arcade".
On ne disait pas "T’as vu les textures dans ce jeu !", mais on disait "T’as vu la taille des sprites dans ce jeu !"
On ne précisait pas qu’un jeu était en 2D, mais au contraire on le signalait quand il était en 3D (isométrique le plus souvent).
On ne disait pas "ce jeu s’affiche plus vite sur ma config", on disait "ce jeu a un scrolling sur C64 et pas sur CPC".
On ne disait pas "mon PC a planté", on disait "il y a eu une coupure de courant, faut que je retape tout mon listing".